Mercredi soir, je me suis rendu, sur l'invitation de ma bibliothèque
favorite (Auderghem, pour leur faire un peu de publicité au passage), à
une rencontre avec l'écrivain de polar Paul Colize. L'idée était de lui
laisser carte blanche pour qu'il puisse nous présenter quelques uns des
romans et auteurs l'ayant influencé avant et au long de sa carrière de
romancier. Pour moi qui suis toujours avide de découvertes en la
matière, c'était évidemment à ne pas rater, et bien m'en a pris car il
était bien sympathique, ce Paul Colize, et cela m'a permis de repartir
avec ma petite liste de bouquins à prochainement chercher en seconde
main ("Le Choix de Sophie" de Styron et "Le Dernier Lapon" d'Olivier
Truc, notamment).
Du coup, il me vient aujourd'hui l'idée d'également lister quelques-uns
de mes romans clé, ceux qui m'ont, comme on dit vulgairement, "laissés
sur le cul" et me déprimeraient si d'aventure il me prenait l'idée
saugrenue d'un jour vouloir comparer ma prose à la leur. De la sorte,
non seulement cela vous donnera peut-être à votre tour des idées de
lecture, mais si j'ai un de ces quatre la chance de publier et de devoir
me plier au même exercice que Mr Colize mercredi, hé bien il ne me
restera plus qu'à venir m'inspirer de cette page !

Alors le premier bouquin que je vais mettre à l'honneur, il s'agit de
"
Vurt" de Jeff Noon, auteur britannique pas très connu en francophonie. Je ne vais pas
raconter en détail de quoi il s'agit (sachez juste qu'il s'agit de
junkies à la recherche de plumes qui donnent d'étranges visions et
sensations lorsqu'on les "sirote"), mais ce livre m'a complétement scié
de par son inventivité, son rythme incroyable, les sensations de couleurs
et d'odeurs qu'il arrive à transmettre. D'autres romans de Noon sont
tout aussi recommandables (
Pixel Juice, Needle in the Groove, Pollen
notamment), mais cette première lecture, quelle sérieuse claque, mes
aieux ! (D'ailleurs, rien que d'écrire ces quelques mots, j'ai envie de m'y
replonger. A noter que la traduction française, si elle fait ce qu'elle
peut, semble être très inférieure à l'original ... Pour en savoir davantage :
http://littexpress.over-blog.net/article-34132701.html)

Autre claque : "
La Forteresse de Solitude" de l'américain Johnathan Lethem. Un pavé
d'une intensité et d'un lyrisme à tomber. Au contraire du précédent, je
dois avouer avec honte avoir dû laisser tomber la VO, vu le niveau
d'anglais trop élevé, et avoir dû me rabattre sur la traduction
française histoire de savourer pleinement la chose. Je vais être
paresseux et piquer un résumé tout fait sur un autre site : "
Dylan a
cinq ans lorsque ses parents s'installent à Brooklyn. Ce sont
les seuls Blancs du quartier. Son père, Abraham, un peintre conceptuel,
passe ses journées dans son atelier. Sa mère est une gauchiste persuadée
qu'il n'y a rien de tel que grandir dans la rue. Dylan apprend peu à
peu les règles du quartier. Mais ce petit garçon blond et timide reste
isolé parmi les gamins noirs et portoricains. Jusqu'à ce que Mingus
s'installe près de chez lui. Elevé par son père, une pop-star oubliée
accro à la cocaïne, Mingus est métis. Il prend Dylan sous son aile, le
protège, l'initie aux comics, au graffiti, et plus tard au hip-hop, à la
soul et la drogue. L'un est blanc, l'autre noir. Tous deux sont seuls
dans cette ville dangereuse comme une forêt de conte de fées. Forteresse
de solitude est un livre sur l'enfance, le souvenir et la
rédemption. C'est aussi une fresque de l'Amérique de la rue, depuis les
années 70 où le choix de chaque vêtement, chaque disque, chaque mot est
un acte politique dans la guerre larvée pour la conquête du quartier,
jusqu'aux années 2000 où plus rien ne compte." IMMENSE.

Numéro 3 à présent. Lorsque je terminais d'écrire "Noémie met les
voiles", le tome 6 d'une sacrée BD, "
Locke & Key", m'est enfin arrivé
par la poste. Le scénario de "Locke & Key", on le doit à Joe Hill,
qui n'est, figurez-vous, autre que l'un des fils de Stephen King
himself. Sans surprise, il est donc question de hantises et de forces
démoniaques, mais aussi et surtout du portrait d'une famille devant
faire face à l'adversité ainsi qu'à elle-même. Ajoutez-y une inventivité
débordante, des dessins surprenants au début puis, une fois qu'on s'y
est fait, à couper le souffle, et une vraie intelligence scénaristique
qui permet aux auteurs de fournir en cours de route une explication à
chacun des mystères soulevés dans les tomes précédents, sans lourdes
démonstrations pour autant. Brillant, fascinant, un brin roublard et
totalement haut de gamme pour de la bd ricaine !
Un "petit" dernier car c'est déjà assez long ainsi : "
Fahrenheit 451" de
Ray Bradbury. Faut-il vraiment expliquer pourquoi ? Non seulement l'ami
Ray nous a prédit avec 40 ans d'avance les écrans plasma géants, les ear
plugs, les voitures auto-pilotées, les publicités omniprésentes, les
communications à distance sans fil, l'isolement des humains bourrés
d'informations devant leur écran... Visionnaire, usant (abusant, diront
certains) de magnifiques métaphores, ce roman est une œuvre de
résistance plus que jamais d'actualité.
(Sans entrer dans le détail, citons aussi Fredric Brown, génial auteur de
polars à l'ancienne avec bimbos et cigares, excellentes intrigues et
humour omniprésent ; "
Kafka sur le rivage" et encore mieux selon moi,
"
Chroniques de l'oiseau à ressort" d'Haruki Murakami (une évidence, mais
difficile de ne pas le citer...); "
Demande à la poussière", le plus
beau John Fante ; "
L'employé" de Jacques Sternberg ; "
Steppenwolf"
d'Hermann Hesse, "
Nouvelles de l'anti-monde" de Georges Langelaan (un
des premiers recueil "sérieux" que j'ai lu) ; "
100%" de Paul Pope; "
La
Traversée de l'été" de Truman Capote ; etc etc !)
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