Comme prévu, le roman s'inspire de mes petits voyages ...
Noémie : " Un peu plus tard encore, me voila peinant à grimper la
même côte, désormais au cœur d’un blizzard apparu en un claquement de doigts.
Chaque fois que je relevais le visage dans l’espoir d’enfin apercevoir le
sommet, une rafale de grêle venait me punir d’une gifle dans la face. On n’y
voyait pas à dix pas, de toute manière, la faute à cette brume de malheur. Le
plus perturbant lorsqu’on est pris dans le blizzard, si vous avez déjà
remarqué, c’est cette impression de ne jamais avancer d’un pouce, peu importe
le temps et les efforts. Tout s’uniformise autour de vous et vous ne
verriez même pas la différence si on remplaçait soudain la route par une
assiette de farine géante. Bref, pas d’autre choix que de marcher courbé en
deux, les yeux vers la route, un pas après l’autre, avec la sueur qui vous
inonde le cou, les bras, et finit par vous donner l’impression glauque d’avoir muté
en une sorte d’attrape-mouches géant. "
