mercredi 8 janvier 2014
Publication
samedi 6 juillet 2013
Recyclage
Comme prévu, le roman s'inspire de mes petits voyages ...
vendredi 28 septembre 2012
Je ne sais vraiment pas où je vais avec ça ...
Chez mes collègues Beth et Laura, en revanche, aucun souci de concentration à déplorer. Il fallait les voir dans leurs postures alambiquées, respiration régulière, pas un muscle qui ne frémisse, insensibles - ou feignant de l’être – à l’agitation habituelle du parc. Ce qui ne manquait jamais de m’impressionner, c’était la façon dont l’une et l’autre s’y prenaient pour éviter que leur tee-shirt ne leur tombe sur le visage chaque fois qu’elle se retrouvaient la tête en bas. Utilisaient-elles une ceinture abdominale en velcro, de l’amidon à forte dose ? Vraiment, je n’en avais pas la moindre idée.
Juste avant que Rusty n’entre en scène, Beth m’a tirée de ma torpeur en proposant de m’initier à quelques mouvements de base, à quoi je me suis empressée de répondre par une grimace gênée qui signifiait en substance : « Oh, non merci ! Tu sais bien que je suis trop timide pour m’exhiber ainsi au milieu de tout le monde ! » et elle a aussitôt laissé tomber. Du haut de ses vingt-deux ans, Beth n’en est pas moins directrice – par alliance, mais tout de même – de l’agence de voyage dans laquelle je bossais à l’époque, si on peut appeler ça ainsi. Son grand plaisir dans la vie, en dehors de fourguer de la pyramide et des pirogues aux petits vieux, c’était de voir les quatre employées sous ses ordres former une belle famille unie, sans secrets, rancunes ou jalousies, tout ça. On s’invitait donc souvent les unes les autres pour un repas à domicile, et il arrivait aussi que nous passions le week-end ensemble à sauter dans les arbres ou descendre des rapides en kayak, vous voyez le genre. Pour autant, personne à ma connaissance n’a jamais osé lui avouer à quel point elle pouvait être cruche, quand elle s’y mettait. Pas une mauvaise personne, hein ! Mais rien que les encadrements de ses caniches nains au bureau, seigneur … On pouvait y voir Emeraude sous son ombrelle japonaise, Bijou partageant une crème glacée avec sa maîtresse, Reggie dans son petit manteau en poil de lama certifié, Emeraude encore, posée sous une cloche de verre telle une véritable pierre précieuse ou un fromage. Moi je m’en fichais, à vrai dire. Pour ce que ça changeait, elle aurait tout aussi bien pu les photographier en action avec des boucs en rut, ses molosses.
Mais je m’égare déjà, revenons au parc et à l’apparition de Rusty.
vendredi 7 septembre 2012
Holy smoke, THAT long ?!
Le fait est que j'aurais presque mérité de voir ce site viré sans ménagement, puisque même dans la vraie vie, je n'ai en effet pas écrit la moindre ligne depuis mon retour du Canada et la finalisation du découpage de la bd "L'Eté de la Grande Sécheresse" (affaire encore en cours, d'ailleurs). Pas davantage tenté de publier quelque vieillerie, ou de contacter le moindre éditeur. Ce n'est pas que j'aie connu une phase particulièrement glandeuse ou dépressive, juste que l'heure n'était pas à l'écriture, tout simplement ...
Début janvier 2012, cependant, alors que je me dirige sans grand enthousiasme vers l'agence pour l'emploi de mon quartier, je décide de rallonger quelque peu le trajet via d'engageantes ruelles tout en vieilles bicoques et vieux pavés branlants. Comme aurais-je pu deviner que cette déviation presque inconsciente allait déboucher sur un futur nouveau récit, dès lors que mon maudit (ou béni, c'est selon) troisième œil y "aperçut" un homme tout sourire oublié au fond d'un trou laissé béant par des ouvriers des eaux ou du téléphone, qui sait. Cet homme, je lui ai aussitôt imaginé des tenants et aboutissants à sa présence en ce lieu insolite : je le voyais bien, par exemple, incapable de se faufiler dans sa rame de métro habituelle pour cause de trop plein, décider de rentrer chez lui au hasard des rues, le nez en l'air pour mieux contempler les merveilles architecturales d'une ville qu'il croyait pourtant bien connaître, ne pas voir le trou s'approcher, y tomber, puis préférer rester au frais, hors factures, klaxons et clopes qui s'amoncellent dans le caniveau. Puis, c'est à Noémie que j'ai pensé, me disant qu'il pourrait s'agir d'une fille de la campagne montée en ville - comme chaque semaine - pour y retrouver son soupirant du week-end, et qui va elle aussi rencontrer cet ermite urbain, discuter le bout de gras, etc.
Une semaine plus tard, je me réveillais pour griffonner une suite possible, au dos d'une vieille enveloppe de la Mutuelle ramassée au hasard. Le lendemain, je notais dans un sms que Noémie rencontrerait également une "fille à l'écureuil". A quel moment, où ? Mystère ! Puis - note suivante - : il sera question d'une quête. Et d'un iceberg. De fantômes gloutons, aussi. D'un grand-père bougon, sorte de Père Fourras en Alaska. Et d'une fille qui lisse ses cheveux pendant des heures dans un bus, d'un garçon qui lui en coupe ensuite une mèche à son insu, pour s'amuser. Des images, des paroles, comme une histoire oubliée qui revient peu à peu en mémoire, au gré de bouts de papier au pied du lit ...
Puisse le trajet en valoir la peine, et s'achever de mon vivant !
mercredi 7 décembre 2011
Une vieillerie qui ne me flanque pas trop la honte, pour changer
Les âmes meurtries ont ce don étrange, parfois, de ramener les morts en ce monde le temps de les souiller davantage puis de les perdre à nouveau.
Elle, c'est Catatonie, ma nouvelle poupée humaine.
Je l'ai cueillie il n'y a pas vingt minutes sur le perchoir d’où elle et ses semblables, indolentes, dodelinaient de la tête au rythme de l'informe fond musical. Les heures menant à cette rencontre n’avaient été qu’une longue dérive d’une rue à l’autre, hagard, plus vraiment vivant ni déjà mort, disons entre deux eaux. C’est qu’avec tant de colère pour m’étourdir en permanence des tempes au cœur, comment parvenir à encore faire la distinction ? Chacun sa méthode pour refaire surface, faut croire : moi, je n’ai jusqu’à présent rien trouvé de mieux que de sortir m’acheter n'importe quoi de cher, sans réfléchir. Si je paie, c’est que je suis !
Darlène est partie comme une voleuse, un soir de février. Tout au long de l’allée traversant notre jardinet typique bungalow pour moins de trente ans à emploi précaire, il y avait ses pas imprimés dans la neige fraîche, en une piste à sens unique qui devenait boue dés le trottoir. Sa fuite avait eu beau s’amorcer depuis quelque temps déjà, je n’en cherchai pas moins un post-it ou note quelconque, un message sur le répondeur, un mot tracé au rouge à lèvres sur le miroir de la salle de bain. Mais elle n’avait laissé dans son sillage ni pourquoi, ni adieu, ni tu me manqueras. J'avais une fois de plus mal aux yeux, trop d’heures à pianoter le clavier du boulot, mais qu’y faire ? M’en faire greffer d'autres et courir le risque d’égarer les jolis sourires et battements de cils qui y flottent vaille que vaille ? Dans le doute, autant les garder.
Darlène disait que chaque larme versée était la rosée sous laquelle s’éveillerait le sourire du lendemain. A l’en croire, on ne plongeait jamais dans le désespoir que par facilité, pour éviter de devoir envisager des solutions peut-être plus pénibles encore. S’il n’y avait ses yeux vides et une bouche sans passion, les habits tristement bon marché - deux morceaux d’étoffe joints par une fermeture éclair géante qui la transforme en cosse à peine gracieuse -, Catatonie en serait le portrait fidèle. Il a suffi que je lui tende les mains pour qu’aussitôt elle me suive de la caisse enregistreuse jusqu’au parking, de là un court trajet en bon père de famille - surtout, ne pas attirer l’attention de par une conduite trop fougueuse - et nous voici au petit bois traversé par la Romance, où la version étudiante de ce qui fut jadis un couple heureux partageait naguère son repas de midi. Désormais, le sol y est jonché de canettes, bouteilles défoncées, capotes, un vieux parapluie rouge vif qui s'y meurt, échoué tel un albatros épuisé.
Catatonie ... Tu es la glace, et moi le feu. Une femme tronc dont je suis la sève. Ton visage est une banquise où coule et fond ma sueur. Tu es à moi, geôle ! Et mon sexe, ustensile fébrile de plomb brûlant, de réduire en copeaux ta carapace palpitante de mollusque hébété ! Déjà une lave de sang me coule du dos à l'estuaire des reins, comme ses ongles acérés me lacèrent. L’animal écume, au bord de l’indécision, il hoquette fiévreux, en une massue de désir brutal et aveugle ! Je la fends en deux, ma petite garce ! Le brasier s'étend avidement, ses paupières s'embrasent et ses cils, feu de broussaille, allument enfin son regard. Mes doigts, toujours plus rêches, s'enfoncent dans sa peau tiède pour à leur tour y creuser de profonds sillons sanglants, gestes répétés telle la formule magique me reliant à la Darlène d’autrefois, en une somme de quelques souvenirs flous ; Darlène qui fuit parce que je ne peux lui offrir le salut et ne me laisse d’autre choix que d’assouvir en d’autres ma soif d’elle. Je suis la mort, pour vous servir, et c'est la souffrance d'autrui qui me nourrit, leur déchéance et leurs affres qui m'abreuvent.
Catatonie brûle de tout son corps, à présent, et la poudre de sa peau coule sous la mienne, ciment de chair morte. Mélangeons nos cendres et partons en fumée au premier vent ! Vivons éternellement liés, dans la pluie et la terre de ce monde qui n'aura eu de cesse de nous vomir ! Un dernier cri comme l'âpre nectar me transperce, puis il n’y a plus que moi, haletant sous la pluie fine au bord de la Romance. Suis-je déjà vivant ou encore mort ? Quelle importance ?
Le mal aux yeux ne m'a pas quitté, si seulement je n'avais pas à ce point peur de perdre à jamais les jolis sourires et battements de cils qui y flottent vaille que vaille ...
mercredi 23 novembre 2011
Enfin un semblant d'activité !
Là où ça bouge vraiment, en revanche, c'est du côté de ma comparse Marion Duclos, qui se donne sans compter pour boucler le dossier de l'adaptation bd de ma nouvelle "L'été de la Grande Sécheresse". Il faut savoir que Marion et moi venons d'univers bd très différents et avons donc parfois dû "batailler" ferme - en tentant de garder notre ego à distance et dans le respect l'un de l'autre bien sûr - pour maintenir possible cette collaboration. C'est d'autant plus satisfaisant et enrichissant d'arriver à quelque chose dans ces conditions, je trouve ! Et c'est ainsi que j'ai le grand plaisir de dévoiler ci-dessous quelques unes des premières planches colorisées ...
(Pour rappel, la nouvelle évoque un gamin et son oncle qui embarquent à bord d'un voilier suite à la soudaine montée des océans du monde entier, tandis que la sœur préfère elle rester sur terre et attendre que la situation revienne à la normale)


lundi 22 août 2011
Recueil "Addictions (et autres plaisirs de la vie quotidienne)"
Un clic ici, et le recueil est à vous !
Enjoy ! Et merci d'être là !
ps : ces textes ont naturellement fait l'objet d'un dépôt auprès d'une société de droits d'auteur.
